mercredi 13 janvier 2016

[POURQUOI TROP PEU D'ENTREPRENEURS AFRICAINS REUSSISSENT ?]

Lorsqu'on pose cette question à l'individu lambda ainsi qu'à certains entrepreneurs, vous constaterez que la plupart des réponses tourne autour du même thème.

"- Les Africains ne soutiennent pas les Africains,"
"- Les Africains préfèrent acheter dans d'autres communautés"

Et la liste continue et s'étend à l'infini. Permettez moi de mettre un gros bémol à cette affirmation. Les Africains ne sont plus jaloux que d'autres dans le domaine de l'entrepreunariat. Peut-être que la faute revient plutôt aux entrepreneurs.

Il existait une époque où il suffisait de produire quelque chose et de la mettre sur le marché et le tour était joué. On pouvait ainsi rapidement gagner des consommateurs assez rapidement en faisant des efforts relativement minimes.

Aujourd'hui, la situation a changé. Nous vivons actuellement dans une époque d'abondance de l'offre. Par conséquent, comprendre son consommateur devient donc essentiel si l'on veut survivre dans ce monde de brutes qu'est l'entreprise. L'entrepreneur doit d'abord s'attacher à comprendre son consommateur, ses habitudes alimentaires, affectives, ses comportements, ce qui motive ou décourage son achat, ses peurs, ce qui le rassure.

On en revient donc à la fameuse règle n° que j'ai énoncée dans mon précédent article : "Lancer votre entreprise en 3 semaine en Afrique avec 10 euros" que vous pouvez découvrir ou relire.



Règle N°1 : Discuter avec vos consommateurs, observez les, et surtout relevez ce qu'ils font, pas ce qu'ils disent.

C'est la règle d'or. Malheureusement, beaucoup d'entrepreneurs africains plaquent des business plan élaborés dans d'autres contextes économiques, sociaux etc... et s'imaginent qu'ils vont réussir parce que d'autres ont réussi sous d'autres cieux.

Exemple : Si vous lancez demain un site de e-commerce en Afrique dans un pays comme le Mali où le taux de bancarisation est très faible déjà (à peine 6% selon les chiffres de l'UEMOA), avec la posssibilité de payer en ligne, vous êtes déjà sûr d'échouer. Pourquoi ? Personne ne paie avec une carte bleue, parce que personne n'en a et encore moins ne possède de compte bancaire. Les transactions financières dans ces pays se font souvent par des services de transfert d'argent, du type Western Union.

Ceci est un simple exemple pour vous montrer qu'il est absolument nécessaire d'étudier le comportement de votre consommateur et ses habitudes avant d'élaborer un quelconque business plan. Et si vous avez lu mon article précédent "Lancer votre entreprise en 3 semaine en Afrique avec 10 euros", vous saurez qu'il ne faut pas faire de business plan.

Règle n°2 : le marché a toujours raison

L'expérience que je suis en train de faire de l'entreprise me montre ceci. Il faut mettre le plus vite possible un ou plusieurs exemplaires de votre produit dans les mains de vos clients, le plus vite possible dès lors que vous avez une idée. J'ai passé 1 an à préparer un business plan sans pouvoir me lancer jusqu'au jour où j'ai fait un questionnaire pour demander à mes prospects ce qu'ils utilisaient comme produits. 3 semaines après le questionnaire, j'avais la réponse et je lancais mon premier produit dont j'ai écoulé la production.

Si j'avais suivi le plan de départ, j'aurais fait un énorme investissement, planté l'entreprise 6 mois après et je n'aurais eu que mes yeux pour pleurer. Et je serais en train d'écrire 300 articles sur pourquoi l'Afrique est condamnée.

Ne perdez pas de temps avec du bavardage sur un business plan. Testez votre idée. Les gens vous diront tout de suite.

Entrepreneurs africains, lancez vous.

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L'Industriel Africain

1 commentaire:

  1. Très bel article, j'espère bcp que vous nous ferez un article sur votre voyage ds le monde de l'entreprenariat.merci bcp pour vos articles.

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